Portage salarial : comment calculer son TJM pour ne pas se tromper de prix ?

Passer du statut d’auto-entrepreneur au portage salarial, ou envisager les deux en parallèle, soulève rapidement une question centrale : à quel tarif journalier facturer ses prestations ? Fixer son TJM trop bas revient à travailler à perte ; le fixer trop haut risque de fermer des portes. Comprendre la mécanique de calcul est donc indispensable avant de signer quoi que ce soit.

Ce que le TJM intègre vraiment en portage salarial

Le TJM, ou Taux Journalier Moyen, se calcule en divisant le chiffre d’affaires mensuel visé par le nombre de jours effectivement facturés. En portage salarial, l’exercice est plus complexe qu’en micro-entreprise, car plusieurs couches de prélèvements s’empilent avant que le salaire n’arrive sur le compte.

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Concrètement, sur 10 000 € facturés à un client, le salarié porté perçoit environ 5 000 € nets, une fois déduits les cotisations patronales et salariales (autour de 40 %) et les frais de gestion de la société de portage (entre 5 % et 10 % selon les acteurs). C’est cet écart, souvent sous-estimé, qui justifie un calcul rigoureux avant toute négociation commerciale. Pour aller plus loin dans la démarche, un guide détaillé sur le calcul TJM portage permet de simuler son revenu net en fonction de sa situation réelle.

La formule de base reste : TJM = (salaire net visé + charges sociales + frais de gestion + frais divers) ÷ nombre de jours facturés. Par exemple, pour viser 4 000 € nets par mois avec 3 700 € de charges estimées et 250 € de frais, sur 18 jours travaillés, le TJM minimum à afficher serait d’environ 441 €/jour. La convention collective du portage fixe par ailleurs un salaire minimum : environ 2 300 € brut pour un profil junior (moins de 3 ans d’expérience), ce qui implique une facturation minimale d’environ 5 000 €/mois pour que le statut soit viable.

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Les variables qui font bouger le calcul

Le nombre de jours facturables dans le mois est la première variable à surveiller. Prospecter, relancer des devis, gérer la comptabilité : toutes ces tâches prennent du temps sans générer de facturation directe. Le portage salarial délègue une partie de cet administratif à la société de portage, ce qui peut mécaniquement augmenter le volume de jours facturables réels.

Les congés constituent un autre paramètre à intégrer dès le départ. Un auto-entrepreneur ne perçoit rien durant ses vacances ; en portage salarial, les congés payés sont inclus dans le dispositif, mais leur coût est bien répercuté sur le TJM global. Ignorer ce point conduit à sous-tarifer ses prestations sur l’année entière.

Enfin, les frais de gestion varient sensiblement d’une société à l’autre, dans une fourchette de 5 % à 10 %. Sur un chiffre d’affaires de 10 000 €, l’écart représente 500 €, soit une somme loin d’être anecdotique sur douze mois. Comparer ce taux avant de choisir sa société de portage fait donc partie intégrante du calcul.

Portage ou auto-entrepreneur : une question de profil

Le portage salarial ouvre l’accès au régime général : fiche de paie, droits à l’assurance chômage, retraite salariée, mutuelle d’entreprise. Pour un consultant qui enchaîne des missions sans filet, cet avantage est réel. Le secteur pèse désormais plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, selon le Rapport de branche 2025, et les CDI y sont devenus majoritaires, signe d’une professionnalisation durable.

Pour autant, le statut de micro-entrepreneur reste souvent plus rentable pour les profils avec peu de frais et un chiffre d’affaires stable. Les deux statuts peuvent même coexister : certains consultants gèrent une partie de leurs missions en auto-entreprise et d’autres via une société de portage, selon les conditions contractuelles de chaque mission. Pour explorer les spécificités du statut et comparer les options disponibles, les ressources sur autoentrepreneur-pratique.fr offrent un point de départ utile.

Dans tous les cas, le TJM n’est pas un chiffre qu’on choisit au hasard ou par mimétisme : il découle d’un calcul personnalisé, en fonction du revenu visé, de l’organisation du travail et des charges propres à chaque situation.

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