Portage salarial : ce que les auto-entrepreneurs gagnent en changeant de statut

Le statut de micro-entrepreneur séduit par sa simplicité, mais il bute sur quelques limites structurelles : un plafond de chiffre d’affaires à 77 700 € pour les prestations de services, des droits chômage inexistants et une protection sociale allégée. Face à ces contraintes, le portage salarial attire de plus en plus d’indépendants qui cherchent à sécuriser leur activité sans pour autant créer une société. 

Un statut hybride, entre liberté et salariat

Le portage salarial repose sur une relation à trois : le consultant, une entreprise de portage et le client final. Le consultant prospecte et négocie ses missions en autonomie, comme n’importe quel indépendant. C’est ensuite l’entreprise de portage qui prend en charge toute la gestion administrative : facturation, bulletins de salaire, déclarations sociales. En échange, elle prélève des frais de gestion compris entre 5 % et 15 % du chiffre d’affaires facturé.

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Ce montage ouvre des droits que le statut micro-entrepreneur ne permet pas. Le salarié porté est rattaché au régime général de la Sécurité sociale, bénéficie d’une mutuelle d’entreprise, cotise pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco et peut prétendre à l’allocation chômage (ARE) sous condition d’avoir travaillé 610 heures ou 88 jours sur 28 mois. Concrètement, les bulletins de salaire facilitent aussi l’accès au crédit immobilier ou à la location, un avantage rarement mentionné mais souvent décisif.

Le secteur est en croissance notable : 43 127 salariés portés et 2,05 milliards d’euros de chiffre d’affaires enregistrés en 2022, avec des projections autour de 2,8 milliards d’ici 2026. Près de 83 % des portés sont cadres ou professions intellectuelles supérieures, et 57 % résident hors Île-de-France.

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Ce que ça change concrètement par rapport à la micro-entreprise

Le principal attrait du portage est la protection sociale complète, là où la micro-entreprise propose une couverture limitée via la SSI. Mais cette sécurité a un coût : charges patronales et salariales cumulées, plus les frais de gestion, absorbent entre 50 % et 65 % du chiffre d’affaires. Sur 10 000 € HT facturés dans le mois, le salaire net perçu s’établit autour de 2 800 €. À titre de comparaison, un auto-entrepreneur supporte des charges de l’ordre de 22 à 25 % du CA.

Le portage convient particulièrement aux consultants dont l’activité relève des prestations intellectuelles : conseil, formation, coaching, expertise informatique, management de transition. Il est en revanche fermé aux professions libérales réglementées, aux services à la personne, au BTP et à la vente de marchandises. Une condition d’accès s’ajoute : justifier d’un niveau BAC+2 minimum ou de trois ans d’expérience dans le domaine d’intervention.

Pour les micro-entrepreneurs qui approchent du plafond de CA ou qui souhaitent simplement tester l’indépendance sans perdre leurs droits sociaux, le portage peut représenter une transition pertinente…

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